Le carnet des idées fixes

Heureux soit l’homme à la si longue vie

9 février 2024

Robert Badinter est mort à l’âge vénérable de 95 ans. C’est un juriste hors-pair, un grand serviteur de la justice et de la République, un homme exceptionnel qui nous quitte. Garde des Sceaux, c’est à lui que nous devons l’abolition de la peine capitale en France, la dépénalisation de l’homosexualité comme la ratification par la République de la Convention européenne des droits de l’Homme.
Mais Robert Badinter était un homme et un juriste prudent. Il ne s’attifait pas de toutes les modes changeantes. Il était ainsi plus que réticent à une possible légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, tout comme il croyait, dans le contexte #MeToo, que la « sacralisation de la parole des victimes » n’était certainement pas une bonne manière de rendre sereinement la justice et de véritablement lutter contre les violences faites aux femmes.
Robert Badinter était foncièrement un modéré, dans la grande tradition juridique française, que nous héritons de Montesquieu et de Condorcet et qui place la source de toute justice possible dans l’esprit-même de modération.
C’est Jean-François Kahn qui me présenta Robert Badinter, dans les années 1990. Nous sortions du siège de « Marianne » pour aller déjeuner avec Philippe Cohen. Nous avions croisé Badinter au débotté. Une discussion s’en suivit, dont je ne me souviens plus de l’exacte teneur. Juste son écoute, sa bienveillance et ses généreux sourcils.

Affiche, mode d’emploi

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